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Ciné-club pour enfants de l'Association des AMis du Cinéma de Vienne

Category:

Brief description of practices: 

L'association a organisé vers 1953 des discussions avec des élèves viennois autour de projections de films, qui ont eu un tel succès qu'elles ont été transformées en institution permanente l'année suivante.

Period - Year: 
1953

Country:

Ciné-club Objectif 49

Category:

Brief description of practices: 

Historique du ciné-club, quelques mots sur sa programmation, son objectif (texte-manifeste), explications sur son importance, de ses suites (festivals),
 
« Soucieux de se situer tout en fédérant les divers courants de la cinéphilie française, André Bazin décide de s’investir, à la fin de l’année 1948, dans la création d’un nouveau ciné-club, Objectif 49, qui devient rapidement le rendez-vous privilégié des critiques. Couronnant le mouvement des ciné-clubs qui, depuis l’après-guerre, connaît un succès croissant, Objectif 49 est un lieu de rencontres entre artistes, intellectuels, étudiants et critiques parisiens. Héritier direct des grands clubs des années 1920 (les Ursulines par exemple), fondé par Bazin, avec l’aide d’Astruc, Kast, Doniol-Valcroze et Claude Mauriac sous le parrainage de Cocteau, Bresson, Clément et Leenhardt, Objectif 49 n’entend montrer à ses membres que des films nouveaux, plutôt que les classiques que présentent les autres ciné-clubs parisiens. Assez fermé, plutôt chic (ces « snobs » que dénonce le communiste Louis Daquin dans L’Écran français), et très influent, le ciné-club est né sous les auspices de Jean Cocteau, début décembre 1948, qui présente lors de la soirée inaugurale ses Parents terribles au Studio des Champs-Élysées. Président d’Objectif 49, le poète lui apporte une caution prestigieuse, mais, plus encore, joue un grand rôle dans la fédération des volontés et des initiatives individuelles jusqu’alors assez dispersées. Il s’investit beaucoup, en 1949, dans cette tâche, passant souvent dans les locaux d’Objectif 49, au 5 de la rue Sébastien-Bottin, dans un bureau prêté par Gallimard, y travaille au moins deux après-midi par semaine avec Bazin, Doniol-Valcroze, Jacques Bourgeois, et lance l’idée d’une manifestation d’envergure (ce sera le festival de Biarritz) dont il accepte d’emblée de prendre la présidence.
Quant à Bazin, il est l’organisateur et la plume du ciné-club, tentant d’en définir la ligne. C’est lui, ainsi, qui rédige son texte-manifeste, «Défense de l’avant-garde », publié le 21 décembre 1948 dans l’Écran français. Il y affiche son désir de renouer avec l’âge critique de l’avant-garde des dernières années du muet tout en le dépoussiérant et le bouleversant quelque peu. « Nous avons été quelques-uns, ces derniers temps, écrit-il, à soutenir l’existence d’une certaine avant-garde dans le cinéma contemporain et à fonder le ciné-club Objectif 49 sur cette idée directrice. » Il poursuit en s’attachant à fixer l’héritage : « De 1924 à 1930, ce qu’on a appelé l’avant-garde prenait un sens bien précis et sans équivoque. Étrangère aux exigences du cinéma commercial, elle ne visait qu’un public restreint auquel elle essayait de faire admettre des recherches cinématographiques en bien des points comparables à celles de peinture ou de la littérature de l’époque. » Mais le manifeste de Bazin a aussi, et surtout, un autre but : élargir cette notion d’avant-garde à une frange du cinéma dit commercial. « C’est la lourde servitude, mais aussi la chance unique du cinéma, d’être voué à plaire à un large, très large public. Alors que tous les arts traditionnels ont évolué depuis la Renaissance vers des formules réservées à une mince élite privilégiée, le cinémaest congénitalement destiné aux foules du monde entier. Toute recherche esthétique fondée sur une restriction de son audience est donc d’abord une erreur historique vouée d’avance à l’échec : une voie de garage. » Bazin évoque alors le cinéma d’avant-garde, et montre que ses pionniers étaient « congénitalement » liés au cinéma commercial : « Le premier cinéaste d’avant-garde a été Georges Méliès, Griffith en fut un autre, [puis vinrent] Feuillade, Gance, Stroheim, qui n’ont jamais pensé faire autre chose que du cinéma commercial. «  Cette lignée a pour continuateurs certains réalisateurs contemporains, explique Bazin, ceux qu’Objectif 49 entend défendre : « C’est cette avant-garde-là qui reste aujourd’hui toujours possible, et c’est elle qu’il faut déceler et soutenir. Elle a ses promoteurs, conscients ou non, peu importe, dans des réalisateurs comme William Wyler, Orson Welles, Preston Sturges pour l’Amérique, Renoir (l’inépuisable, le magnifique), Bresson et Leenhardt en France; Rossellini de Paisà et le Visconti de La terre tremble en Italie… »
 
En soutenant ainsi « les audaces auxquelles le public s’habituera », tout en condamnant celles qui trahissent radicalement la vocation populaire du cinéma, Bazin poursuit un but : introduire l’avant-garde, et le traitement culturel qui s’y applique, à l’intérieur même du cinéma commercial. En donnant cette ligne à Objectif 49, le critique tente et risque gros. Ce qu’il tente est de fédérer les critiques de la prestigieuse Revue du cinéma éditée chez Gallimard (Doniol-Valcroze, Kast, Astruc) et les très jeunes et enthousiastes néo-hollywoodiens, Tacchella, Truffault, Rivette et autres purs produits de la cinéphilie de la fin des années 1940. Cette tentative semble être le grand dessein de Bazin. Elle est cependant fragile, car placée sous la menace des attaques incessantes de la vieille garde nostalgique du cinéma muet, pour qui l’avant-garde est le drapeau d’une illusoire pureté cinématographique.
 

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Objectif 49 connaît, quelques mois durant, un immense succès. Séances très suivies dans des salles bondées, présence prestigieuse de critiques, d’écrivains et, surtout, des réalisateurs eux-mêmes. Ce succès conduit bientôt le ciné-club à proposer des manifestations de plus grande envergure que les soirées habituelles, manifestations susceptibles de permettre aux diverses tendances – les « snobs » et les « hollywoodiens », pour emprunter une terminologie reprise ironiquement par le club lui-même – de mieux se rencontrer tout en profitant de la vogue d’alors : le rituel du festival. Une première rencontre est ainsi mise sur pied à Paris, le Festival du film noir américain, sous le double patronage d’Objectif 49 et du cinéma la Pagode. Ce festival est significatif : il s’agit, comme le suggère alors Bazin, d’amener l’avant-garde vers un « sous-genre », méprisé mais inventif, du cinéma commercial. Le film noir américain, soutenu par les néo-hollywoodiens, admiré par des artistes et des écrivains, peut fournir, mieux qu’un autre, le prétexte. La rencontre connaît effectivement le succès, confirmation de l’existence d’un public curieux aux attentes nouvelles. Sur cette lancée, Bazin et Objectif 49 décident de promouvoir un festival plus ambitieux encore, se posant en rival de Cannes : le Festival indépendant du film maudit.» (p.45-47)

Period - Year: 
1948

Country: