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Les séances du mardi-soir de l'Arbejdernes Oplysnings Forbund (Confédération éducative des travailleurs) au Danemark

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Brief description of practices: 

Chaque mardi soir, depuis 1951, la Confédération organise des projections au Danemark, avec présentation du film par un animateur et discussion par les spectateurs après la projection.

Period - Year: 
1951 to 1954

Ciné-club Objectif 49

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Brief description of practices: 

Historique du ciné-club, quelques mots sur sa programmation, son objectif (texte-manifeste), explications sur son importance, de ses suites (festivals),
 
« Soucieux de se situer tout en fédérant les divers courants de la cinéphilie française, André Bazin décide de s’investir, à la fin de l’année 1948, dans la création d’un nouveau ciné-club, Objectif 49, qui devient rapidement le rendez-vous privilégié des critiques. Couronnant le mouvement des ciné-clubs qui, depuis l’après-guerre, connaît un succès croissant, Objectif 49 est un lieu de rencontres entre artistes, intellectuels, étudiants et critiques parisiens. Héritier direct des grands clubs des années 1920 (les Ursulines par exemple), fondé par Bazin, avec l’aide d’Astruc, Kast, Doniol-Valcroze et Claude Mauriac sous le parrainage de Cocteau, Bresson, Clément et Leenhardt, Objectif 49 n’entend montrer à ses membres que des films nouveaux, plutôt que les classiques que présentent les autres ciné-clubs parisiens. Assez fermé, plutôt chic (ces « snobs » que dénonce le communiste Louis Daquin dans L’Écran français), et très influent, le ciné-club est né sous les auspices de Jean Cocteau, début décembre 1948, qui présente lors de la soirée inaugurale ses Parents terribles au Studio des Champs-Élysées. Président d’Objectif 49, le poète lui apporte une caution prestigieuse, mais, plus encore, joue un grand rôle dans la fédération des volontés et des initiatives individuelles jusqu’alors assez dispersées. Il s’investit beaucoup, en 1949, dans cette tâche, passant souvent dans les locaux d’Objectif 49, au 5 de la rue Sébastien-Bottin, dans un bureau prêté par Gallimard, y travaille au moins deux après-midi par semaine avec Bazin, Doniol-Valcroze, Jacques Bourgeois, et lance l’idée d’une manifestation d’envergure (ce sera le festival de Biarritz) dont il accepte d’emblée de prendre la présidence.
Quant à Bazin, il est l’organisateur et la plume du ciné-club, tentant d’en définir la ligne. C’est lui, ainsi, qui rédige son texte-manifeste, «Défense de l’avant-garde », publié le 21 décembre 1948 dans l’Écran français. Il y affiche son désir de renouer avec l’âge critique de l’avant-garde des dernières années du muet tout en le dépoussiérant et le bouleversant quelque peu. « Nous avons été quelques-uns, ces derniers temps, écrit-il, à soutenir l’existence d’une certaine avant-garde dans le cinéma contemporain et à fonder le ciné-club Objectif 49 sur cette idée directrice. » Il poursuit en s’attachant à fixer l’héritage : « De 1924 à 1930, ce qu’on a appelé l’avant-garde prenait un sens bien précis et sans équivoque. Étrangère aux exigences du cinéma commercial, elle ne visait qu’un public restreint auquel elle essayait de faire admettre des recherches cinématographiques en bien des points comparables à celles de peinture ou de la littérature de l’époque. » Mais le manifeste de Bazin a aussi, et surtout, un autre but : élargir cette notion d’avant-garde à une frange du cinéma dit commercial. « C’est la lourde servitude, mais aussi la chance unique du cinéma, d’être voué à plaire à un large, très large public. Alors que tous les arts traditionnels ont évolué depuis la Renaissance vers des formules réservées à une mince élite privilégiée, le cinémaest congénitalement destiné aux foules du monde entier. Toute recherche esthétique fondée sur une restriction de son audience est donc d’abord une erreur historique vouée d’avance à l’échec : une voie de garage. » Bazin évoque alors le cinéma d’avant-garde, et montre que ses pionniers étaient « congénitalement » liés au cinéma commercial : « Le premier cinéaste d’avant-garde a été Georges Méliès, Griffith en fut un autre, [puis vinrent] Feuillade, Gance, Stroheim, qui n’ont jamais pensé faire autre chose que du cinéma commercial. «  Cette lignée a pour continuateurs certains réalisateurs contemporains, explique Bazin, ceux qu’Objectif 49 entend défendre : « C’est cette avant-garde-là qui reste aujourd’hui toujours possible, et c’est elle qu’il faut déceler et soutenir. Elle a ses promoteurs, conscients ou non, peu importe, dans des réalisateurs comme William Wyler, Orson Welles, Preston Sturges pour l’Amérique, Renoir (l’inépuisable, le magnifique), Bresson et Leenhardt en France; Rossellini de Paisà et le Visconti de La terre tremble en Italie… »
 
En soutenant ainsi « les audaces auxquelles le public s’habituera », tout en condamnant celles qui trahissent radicalement la vocation populaire du cinéma, Bazin poursuit un but : introduire l’avant-garde, et le traitement culturel qui s’y applique, à l’intérieur même du cinéma commercial. En donnant cette ligne à Objectif 49, le critique tente et risque gros. Ce qu’il tente est de fédérer les critiques de la prestigieuse Revue du cinéma éditée chez Gallimard (Doniol-Valcroze, Kast, Astruc) et les très jeunes et enthousiastes néo-hollywoodiens, Tacchella, Truffault, Rivette et autres purs produits de la cinéphilie de la fin des années 1940. Cette tentative semble être le grand dessein de Bazin. Elle est cependant fragile, car placée sous la menace des attaques incessantes de la vieille garde nostalgique du cinéma muet, pour qui l’avant-garde est le drapeau d’une illusoire pureté cinématographique.
 

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Objectif 49 connaît, quelques mois durant, un immense succès. Séances très suivies dans des salles bondées, présence prestigieuse de critiques, d’écrivains et, surtout, des réalisateurs eux-mêmes. Ce succès conduit bientôt le ciné-club à proposer des manifestations de plus grande envergure que les soirées habituelles, manifestations susceptibles de permettre aux diverses tendances – les « snobs » et les « hollywoodiens », pour emprunter une terminologie reprise ironiquement par le club lui-même – de mieux se rencontrer tout en profitant de la vogue d’alors : le rituel du festival. Une première rencontre est ainsi mise sur pied à Paris, le Festival du film noir américain, sous le double patronage d’Objectif 49 et du cinéma la Pagode. Ce festival est significatif : il s’agit, comme le suggère alors Bazin, d’amener l’avant-garde vers un « sous-genre », méprisé mais inventif, du cinéma commercial. Le film noir américain, soutenu par les néo-hollywoodiens, admiré par des artistes et des écrivains, peut fournir, mieux qu’un autre, le prétexte. La rencontre connaît effectivement le succès, confirmation de l’existence d’un public curieux aux attentes nouvelles. Sur cette lancée, Bazin et Objectif 49 décident de promouvoir un festival plus ambitieux encore, se posant en rival de Cannes : le Festival indépendant du film maudit.» (p.45-47)

Period - Year: 
1948

Country:

André Bazin, animateur de ciné-clubs (étudiants et ouvriers)

Category:

Brief description of practices: 

« Peu après 6h30, dans l’après-midi du 14 mai 1945, la 3 CV bringuebalante d’André Bazin pénètre dans la cour des immenses usines Renault à Boulogne-Billancourt, et s’arrête bientôt devant le local de la CGT. Les militants présents l’aident à sortir les cinq lourdes bobines de film posées sur les sièges arrière. Tout le monde se dirige alors vers la salle de projection. Dans une demi-heure commencera la séance consacrée par Bazin au Jour se lève, le film de Marcel Carné, écrit par Jacques Prévert, tourné avec Jean Gabin juste avant la guerre.
 
Ce n’est pas la première fois qu’André Bazin présente Le jour se lève à Paris ou dans se environs. Il s’en est fait une spécialité depuis le mois de décembre précédent, dans une ville encore totalemetn désorganisée, libérée depuis à peine quatre mois. Au grand auditorium de la Maison de la Chimie, rue Saint-Dominique, il a commencé à présenter ce film devant des auditoires de plus en plus larges, composés d’étudiants et d’ouvriers. Puis, à la demande de certains syndicalistes, il entame au printemps 1945 une série de tournées dans les usines de la région parisienne. Le prosélytisme du critique a pour cadre son engagement quotidien dans « Travail et Culture », une association de militantisme culturel fondée lors de la libération de Paris, une sorte de coopérative réunissant des spectateurs de plus en plus avides de théâtre, de cinéma, de voyages, d’expositions, de concerts. Politiquement, elle est de gauche, proche du puissant parti communiste, mais accueille également des militants chrétiens comme Bazin. (…) « Travail et Culture » travaille en étroite collaboration avec « Peuple et Culture », branche de l’association plus axée sur la formation permanente et l’édition. (…)
 
La raison d’être de « Travail et Culture » est de procurer des places de spactacle à ses affiliés, et son ambition prosélyte consiste à convertir toujours davantage de fidèles à la vision des films, à la lecture, au goût du théâtre, à l’amour de la musique. Cette pédagogie repose sur la croyance que l’homme peut devenir meilleur grâce à la culture. André Bazin est l’un des chefs de file de mouvement missionnaire de l’après-guerre. (…)
 
A partir des « Jeunesse cinématographiques », il [Bazin] monte ainsi ciné-club sur ciné-club au sein des réseaux d’associations étudiantes ou des milieux du syndicalisme ouvriers. Car pour Bazin, le cinéma est la pièce maîtresse de la nouvelle « éducation populaire » proposée aux hommes que se relèvent des malheur de la guerre, objectif clairement précisé par les statuts de « Travail et Culture » : « Tous les hommes, fraternellement, doivent pouvoir participer à la vie culturelle de notre pays. »
 
Dans une chambre d’hôtel d’un quartier populaire, un homme en abat un autre d’un coup de révolver. La police vient arrêter le meurtrier, un ouvrier d’habitude paisible mais qui résiste et se défend. Le siège dure une nuit, que François passe à évoquer la simple et douloureuse histoire d’amour qui l’a conduit au meurtre, et le poussa à l’aube au suicide… »  Ainis Bazin commence-t-il sa présentation du Jour se lève à son auditoire, plus de trois cent ouvriers des usines Renault. Elle durera une dizaine de minutes. Sur sa fiche, juste avant le début de la projection, il a noté : « Avant le film, demander au public de porter son attention sur les points suivants : la construction de l’histoire, le décor, la muisque. » Cette fiche, comme celle du Crime de M. Lange de renoir, seront publiées par la revue Doc, et feront longtemps les délices cinéphiles des animateurs de ciné-club.
 
Une fois la lumière revenue, le critique se lance dans un dialogue très précis avec son public. Bazin pose des questions sur la construction, sur les ponctations du film, son décor, sa musique, de telle manière que chaque détail remarqué par la salle trouve une signification formelle dans l’explication, Bazin l’amène progressivement, par enchaînements simples et logiques, en une incessante maïeutique. Loin de le desservir, son léger bégaiement l’aide à mieux écouter puis à mieux discuter : chacun, dans la salle, a l’impression de trouve lui-même les explications qui éclairent sa propre vision du film. L’esprit d’André Bazin, sa logique en action et la force de conviction de ce pédagogue hors pair viennent ainsi de convertir quelques dizaines d’ouvrier à la culture du cinéma. » (p.33 à 36)
 
En 1948, Bazin met en place le ciné-club Objectif 49. Voir fiche distincte…

Period - Year: 
1945

Country: